Rencontre avec Eric Legnini

Eric Legnini en concert le vendredi 12 mai au Forum Nice Nord, dans le cadre du Nice Jazz Festival Sessions

Qu’est-ce qui vous fascine dans la voix ?

La voix peut radicalement changer un morceau ou une intention suivant la manière de chanter et surtout par son grain. Entre deux chanteurs l’intention peut être radicalement différente et donc la direction du morceau aussi. C’est ce qui m’intéresse particulièrement, pouvoir essayer de choisir le bon chanteur en fonction de la chanson sachant que le grain reste la meilleure définition de sa personnalité.

Si vous étiez chanteur, quel type de voix souhaiteriez-vous ?

Forcément, les types de voix des chanteurs qui me touchent le plus. Je pense à Donny Hathaway, Stevie Wonder, Grégory Porter aussi. Finalement, des voix assez graves, très chaudes, vraiment teintées de Soul. La voix fait partie intégrante de mon éducation musicale car ma mère était cantatrice à l’Opéra. Elle a une voix d’alto. Je n’ai jamais fait de thérapie mais c’est étonnant de voir que je me tourne toujours vers ces mêmes types de voix. Dans mes projets, il y a un réel fil conducteur avec par exemple Krystle Warren, Hugh Coltman et à présent Michelle Willis…

Vos parents ont-ils eu une influence sur votre parcours ?

Ado, ma mère m’emmenait aux concerts et aux répétions. J’ai vraiment eu la chance d’avoir des parents très présents qui m'ont aidé à m’épanouir dans la musique. Ça n’a jamais été une intervention sur mes goûts musicaux mais plutôt une éducation, une transmission culturelle, un accompagnement. Leur avis compte beaucoup pour moi.Ils ont toujours été très impliqués pour que cela se passe au mieux et m’ont laissé un jour voler de mes propres ailes en me laissant partir à New York, quand j’ai eu 18 ans. En tant que papa d’une fille de 15 ans, je trouve toujours cette décision hallucinante. Leur confiance a été fondamentale dans mon parcours.

Comment se tissent vos différentes collaborations musicales ?

Le plus important, c’est la personne. Il faut qu’il y ait une réelle accroche personnelle en dehors de la musique, avec des atomes crochus. Il n’y a pas de sélection sur CV, il s’agit avant tout de rencontres. J’ai aussi la chance d’être entouré de personnes avec qui je fais une longue route. Franck Agulhon fait partie de mon noyau dur. C’est l’un des plus beaux exemples de musiciens avec qui j’ai travaillé. Nous nous sommes mutuellement influencés. Avec Daniel Romeo qui viendra jouer à Nice, nous avons presque le même profil, c’est l’un de mes meilleurs potes et pour ne rien gâcher un super musicien. C’est comme ça que je fonctionne…

Quelle est la partie essentielle dans votre musique ?

C’est le mélange des musiques. Lors de mes premiers projets, où je faisais du jazz plus classique, influencé par Parker, Miles, Coltrane, il y avait déjà un peu de Soul, de Hip-hop et puis très vite de la musique africaine avec l’Afro Beat. C’est un peu ce qui me caractérise et ce que j’aime. Je suis gourmand dans l’écoute des musiques. J’ai l’impression d’aimer autant le Hip-hop que la Soul, que le Jazz et la Salsa.

Quels sont pour vous les 3 albums qu’il faut avoir écouté dans sa vie ?

C'est très compliqué ! Je dirais Glenn Gould avec Bach: The Goldberg Variations. La première édition des années 50, car si on devait garder en mémoire l’un des génies de la musique, ce serait Bach. C’est le cœur de la musique occidentale, de notre musique, ainsi que le soubassement de beaucoup de musique y compris du Jazz. Le deuxième serait A Love Supreme de John Coltrane avec le pianiste McCoy Tyner. C’est un disque qui m’a toujours fasciné. Le troisième sera forcément un disque de Soul ou de Hip-hop… Même si j’hésite avec Kendrick Lamar, partons sur Common Like Water for Chocolate... Franchement, c’est difficile, un top 20 aurait été plus simple et encore car je suis un fou d’Hathaway également et de bien d’autres artistes…

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