Rencontre avec Didier Lockwood

Didier Lockwood en concert le lundi 27 février à l'Opéra de Nice dans le cadre des Nice Jazz Festival Sessions

Vous revenez régulièrement à Nice, qu’évoque pour vous cette ville ?

Nice a été pour moi des années de bonheur avec le festival de Jazz parce que j’y étais invité régulièrement. Cela m’a permis de rencontrer tous les grands musiciens de jazz américains grâce à George Wein et Simone Ginibre. Cela a été quelque chose de très spécial pour moi.

Vous multipliez les expériences, est-ce que le violon est transposable dans tous les genres ?

Oui, vous savez, je suis un VTT, un Violon Tout Terrain. Le violon est un instrument extrêmement flexible. Il est joué dans le monde entier sous différentes formes et avec des gammes d’expression très diverses et se prête à tous les changements. Il a été fait pour imiter la voix, donc c’est vraiment un instrument qui peut rester ancré dans les cultures.

Stéphane Grappelli était à l’affiche du premier festival de Jazz à Nice en 1948 à l’Opéra de Nice, près de sept décennies plus tard vous lui rendez hommage dans ce même lieu. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C'est toujours émouvant de rendre hommage à Stéphane Grappelli. Son esprit est toujours présent quand je joue, lors de chacun de mes concerts, il est toujours un peu là. Il résidait sur la Côte d’Azur. Je me souviens qu’on avait joué avec mon groupe au festival de Jazz à Nice et qu’à la fin de mon concert, il est venu me rejoindre sur scène avec Michel Petrucciani. Je crois que c’est l’un des plus beaux souvenirs de ma carrière.

Pourquoi un hommage à Stéphane Grappelli ?

L’hommage est important car on a tendance à vite oublier les choses, surtout la génération d’aujourd’hui qui souffre d’amnésie très grave. Si vous demandez à un jeune qui est Stéphane Grappelli, il ne le connaît pas. Il est important que Stéphane Grappelli et bien d’autres n’aient pas vécus pour rien ! Ces personnes ont existé et ont participé à faire le monde d’aujourd’hui.

Comment avez-vous choisi le répertoire ?

Plus que le répertoire, c’est l’esprit dans lequel on joue qui est important. On va proposer les morceaux qu’il aimait interpréter avec également quelques-unes de ses compositions et tendre aussi vers de nouvelles esthétiques musicales. Stéphane Grappelli adorait les violonistes qui essayaient de transposer l’instrument et de le moderniser. On ne va pas l'imiter, d’ailleurs personne n’y réussit vraiment… En revanche, on va se souvenir de lui avec émotion et se rappeler de son répertoire qu’il a joué et défendu si magnifiquement. Pour cette date, je serai en trio avec Noé Reinhardt et Diego Imbert, qui sont de supers musiciens.

Votre carrière est bien remplie, qu’est-ce qu’on peut encore vous souhaiter ?

Je ne veux rien d’autre que de dire merci à tous ceux qui m’ont aidé à obtenir tout cela et surtout continuer à prendre du plaisir, aimer me lever le matin en ayant de nouvelles idées, continuer à partager et surtout pouvoir poursuivre mon travail sur la façon de transmettre l’éducation artistique aux générations futures.