FOCUS IBRAHIM MAALOUF

Il y a deux ans, il avait enflammé le Nice Jazz Festival. Brûlé les planches de la scène Masséna. Le 19 juillet, aucun doute, Ibrahim Maalouf va encore mettre le feu, accompagné du Haïdouti Orkestar. Ensemble, ils vont faire briller les cuivres et étinceler la soirée des mélomanes niçois, azuréens et des touristes amoureux des sonorités venues des Balkans et de l’Orient

Après avoir composé ensemble la bande originale du film La Vache, Ibrahim repart sur les routes avec le Haidouti Orkestar pour une nouvelle rencontre entre les Balkans et l’Orient aux sons des cuivres virevoltants. Pour célébrer les dix ans de leur rencontre, Ibrahim invite le Haidouti sur une tournée d’été, une invitation au voyage et à l’exploration du nomadisme. Musique d’ici et d’ailleurs seront réunies sur la scène du Nice Jazz Festival !

INTERVIEW

ON VOUS QUALIFIE SOUVENT DE MUSICIEN DU MONDE. ÊTES-VOUS D’ACCORD AVEC CETTE DÉFINITION ?

Oui et non. Nous sommes tous des êtres humains « du monde ». En revanche, depuis mon enfance, j’ai toujours eu une curiosité vis-à-vis des cultures traditionnelles existant un peu partout à travers le monde. Ma musique parle de toutes ces cultures. Si, en tant qu’art, elle ne parlait qu’à une seule catégorie de personnes, ce serait dommage ! L’art se doit d’être universel… Ce n’est pas volontaire, mais si ma musique offre cette universalité, alors je trouve ça encore plus intéressant !

POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS SUR VOTRE TROMPETTE À QUATRE PISTONS ?

Elle a été inventée par mon père dans les années 60. Je la joue en concert depuis plus de vingt ans, ce n’est pas une nouveauté. Ce qui est intéressant je trouve, c’est de constater que le public l’oublie maintenant, c’est qu’elle semble naturelle. C’était le rêve de mon père, d’ailleurs, qu’elle soit adoptée comme un instrument normal.

ON DIT QUE VOUS ÊTES TOUJOURS À LA RECHERCHE DE VOTRE SON. QU’EN PENSEZ-VOUS ?

Le son est en nous. Comme une voix. On naît avec. Mais si trouver un son est la volonté de créer une musique avec une identité qui me ressemble le plus, cela prend une vie entière. Plus on est dans la recherche de la vérité, plus la recherche est complexe. Pour les artistes, les auteurs, les cinéastes et autres musiciens, notre mission est de créer une empreinte du monde dans lequel on est, un témoignage pour les générations futures de ce que le son d’aujourd’hui, la pulse d’aujourd’hui sont. Avec leurs défauts et qualités, et en espérant qu’elles prennent le relais.

DES VICTOIRES DE LA MUSIQUE, UN CÉSAR, POUR VOUS, QUE REPRÉSENTENT LES RÉCOMPENSES ?


Des témoignages du monde professionnel. Elles attestent que les gens qui entendent parler de vous, de votre travail, qui apprécient ce que vous faites, vous le font savoir. C’est un moteur pour travailler davantage encore, pour être à la hauteur de ces récompenses.

VOUS PASSEZ DU CLASSIQUE AU JAZZ ET INVERSEMENT. QUE PRÉFÉREZ-VOUS ?


J’aime toutes ces musiques ! Ce qui m’habite, ce sont les pulsations, les rythmes, tout ce que la musique offre de passionnant et d’universel, sans catégorie spécifique.

VOS CONCERTS À NICE ?

C’est toujours un vrai et grand plaisir de venir sur la Côte d’Azur, et à Nice en particulier, où il y a bon nombre de mélomanes passionnés de jazz. Le public est toujours réceptif, très enthousiaste. Et, cette fois, le projet est totalement différent de ce que j’ai présenté jusqu’à aujourd’hui, et je suis impatient de voir la réaction du public !

QUEL EST-IL ?

C’est un mélange culturel improbable ! J’invite un groupe de musiques Balkaniques, le Haïdouti Orkestar, avec qui j’ai beaucoup travaillé, notam - ment sur la bande originale du film La Vache. On va faire la fête, danser et chanter ! Puis, en sep - tembre, je reviendrai avec un tout nouvel album et une nouvelle tournée !

UN DERNIER RÊVE ?

Que la musique joue le rôle que je lui rêve depuis longtemps : celui de corriger les malentendus entre les êtres humains et de rassembler les cultures qui se pensent différentes et qui ont tellement à par - tager !